Puebla, une artiste contemporaine à redécouvrir…

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Bien peu connaissent l’existence de Puebla… Car jamais celle-ci n’avait vraiment souhaité rendre publique son œuvre, à la personnalité si singulière, connue de quelques spécialistes mais dont la rareté volontaire interdisait toute cotation.

Aujourd’hui, pour la première fois, grâce aux nouvelles technologies* elle aura pu dépasser le cadre d’une simple exposition – ce qu’elle avait toujours refusé – pour faire partager son univers et comme aimait à le dire Brecht, « élargir le cercle des initiés » …

Sa biographie elle même reste imprécise.

Son nom d’artiste vient bien sûr du Mexique et de la Ville de Puebla, dont elle est duchesse, titre venant à sa famille de Napoléon III, lors de l’expédition qui mit l’Empereur Maximilien sur le trône.

Elle est également la petite fille de Madame Charles Dullin et commença sa carrière d’artiste au théâtre où elle créa notamment « le bout de la route » de Jean Giono tourna dans plusieurs films, puis devint psychanalyste, travailla à l’hôpital Rothschild avant de choisir une carrière de journaliste et de directrice artistique pour des groupes de presse.

Avec toujours une même attirance pour le monde de l’art. Ce qui lui fit entamer ses propres recherches picturales autour du dessin et du collage, avec ce sens inné de la couleur et du volume et quelques rares approches vers un figuratif fantasmé. 
Carven, la grande dame de la Haute Couture aimait à lui dire : vos tableaux font chanter les couleurs…
Et Florette Lartigue (l’épouse du grand photographe Jacques-Henri Lartigue, qui fut d’abord un peintre talentueux) évoquait, elle, le soleil de Provence : avec vos collages vous faites entrer la lumière dans une pièce !
Enfin, Madame Chaumet, alors Secrétaire générale du Comité de France, avait reconnu en elle une artiste dont les oeuvres évoquaient : la chatoyance des pierres de la Place Vendôme, enchâssées dans un écrin de poésie.

Interrogée par Didier Guelfucci lors du tournage de « Contre-Champ imaginaire », Puebla explique son approche pour ses tableaux.
« Ils sont le labyrinthe discontinu d’une mémoire morcelée. Découper des signes, détourner des formes. En créer d’autres qui adhèrent à l’instant et dans un réel perpétuellement en fuite, dire beaucoup avec très peu. Ouvrir des perspectives. Des questions. Des vibrations. Comme l’éternel mouvement de toute vie. Et dans l’imbrication des lignes qui effacent les limites de l’oeil, au delà de l’apparence, perdre ses repères pour en trouver de nouveaux… »

Puebla sera pour beaucoup une découverte.
Celle d’un talent vrai, d’une nature sans équivalent, tant son art est personnel, qui au delà de l’apparence joue avec les codes pour mieux les détourner. Elle nous invite à la suivre dans ses rêves, qu’elle transcrit en des fulgurances d’éternité, comme l’ultime clin d’oeil du psychanalyste…

* www.puebla.fr

Œil Masqué

 

Le Doge

 

L’œil Oudjat

 

Regard dans la tapisserie